CENTRAFRIQUE : DU PARTENARIAT FRANÇAIS À LA COOPÉRATION MILITAIRE RUSSE, LA SOLUTION À LA CRISE CENTRAFRICAINE NE VIENDRA QUE DES CENTRAFRICAINS.

Par Bernard Selembi Doudou , Juriste et administrateur des élections Publié le 10-08-2018 - Modifié le 10-08-2018

 

 

 

CENTRAFRIQUE : DU PARTENARIAT FRANÇAIS À LA COOPÉRATION MILITAIRE RUSSE, LA SOLUTION À LA CRISE CENTRAFRICAINE NE VIENDRA QUE DES CENTRAFRICAINS.                                                             

 

 

Bangui, 11 août 2018 (CNC) –

 

Jadis pays de paix et d’hospitalité, la République centrafricaine est devenue le berceau de tous les trafics de tous genres, facteurs de la pérennisation de la guerre fratricide qui a fait des innombrables morts avec comme corollaires des réfugiés et des déplacés en masse. L’intervention militaire française dans les pics de violences était salutaire pour enrayer le relent génocidaire et de stabiliser le pays avec l’appui de la communauté internationale ainsi que des forces de l’ONU. La notion d’ingérence dans les affaires d’Etat était désuète à cette époque et les autorités brandissaient l’éternel accord de défense qui liaient les deux nations depuis le soleil des indépendances. Après les échéances électorales apaisées et le retour de l’ordre constitutionnel, le tableau synoptique ainsi que les indicateurs sociaux de la crise ne plaident pas en faveur des autorités surtout sur le volet sécuritaire car les groupes armés non conventionnels continuent de défier l’autorité de l’état et contrôlent, exploitent les 3/4 du territoire national. Ensuite, vînt le tour de la coopération militaire russe qui entre en fracas et effraction dans l’arène. En effet, ces derniers ont à la demande des autorités centrafricaines négocié et obtenu la levée partielle de l’embargo sur les armes accompagnée des dons d’importantes quantités d’armes assortie de la formation aux maniements de ces armes. Paradoxalement à la clarté de la résolution du conseil de sécurité de l’ONU, certains soit disant militaires russes se retrouvent dans des zones minières ou dans des zones occupées par les groupes armés non conventionnels pour le «mercenariat ». Le récent assassinant des trois journalistes russes en est une patente illustration. Les autorités centrafricaines ont chanté tous les cantiques et louanges de la coopération militaire russe sans réserve. On a assisté à un enthousiasme euphorique du pouvoir teinté d’une hostilité hypocrite envers les anciens partenaires, sujets de controverses et tapages médiatiques. Désabusé par l’espoir d’une paix qui ne cesse de s’éloigner, le citoyen lambda qui ne se prive de curiosité s’interroge : Pourquoi ce regard accusateur permanent sur la France donnant l’impression d’une reddition des autorités ou d’un passage à l’abattoir en attendant son bourreau ? Il est vrai que l’ingérence de la puissance coloniale dans les crises à répétition de la Centrafrique n’est pas à prouver mais pensez-vous que le pouvoir centrafricain est devenu systématiquement une cible française dès lors que la piste russe a été activée ? Pensez-vous vraiment que si la France décide de renverser ce régime incompétent comme le pensent nos autorités, la présence militaire russe pourra l’en empêcher ? Depuis l’arrivée des militaires russes il y’a de cela huit mois, qu’est-ce qui a changé dans le volet sécuritaire de la crise ? Même lorsque le pouvoir conjugue la médiocrité à tous les temps et à tous les étages, pour quelles raisons pensons-nous toujours que nos malheurs viennent d’ailleurs ? Qu’est-ce qui explique cette psychose qui affaiblit graduellement nos institutions ? S’agit-il de notre système politique calqué sur le modèle de la cinquième république française avec des élections souvent truquées au profit des marionnettes de la France ? Ce régime n’était-il pas un produit dérivé de ce modèle de trucage et de corruption tant décrié ? Dans le souci d’apaiser les uns et les autres et surtout devant l’impasse crée par le pouvoir, pourquoi les centrafricains ne se sont pas appropriés la célèbre maxime de l’ex Président ivoirien Laurent GBAGBO qui disait « asseyons-nous et discutons »? Dans la même logique et en dépit de l’hostilité, la réticence, la prudence de la majeure partie de la population, pourquoi ne pas donner une chance à la tribune offerte par l’Union Africaine pour discuter de manière élargie mais à domicile ? De toute évidence, face à l’impasse et au manque d’inspiration du pouvoir central, les centrafricains doivent saisir l’initiative du panel de l’Union Africaine en dictant sans vergogne et sans négociation ses conditions de participation. Il faut rappeler que les solutions à la crise centrafricaine ne viendront d’ailleurs que des centrafricains eux mêmes. Il appartient ainsi aux forces vives de la nation de créer, de définir les cadres juridiques et conditions. Pour ce faire, cette rencontre de la dernière chance doit s’élargir aux partis politiques, à la société civile, les syndicats, les leaders d’opinion, les parlementaires, les associations sans oublier la ligue centrafricaine des droits de l’homme pour accompagner un pouvoir qui se nourrit de confusions. En conséquence de ce qui précède, nous rejetons tous mystères sur les participants à ce dialogue eu égard aux agitations en coulisses du président de la commission de l’Union Africaine. Notre nation n’a point besoin d’accords parcellaires, contradictoires sans implication réelle de vrais acteurs et surtout nous n’admettrons plus l’enrôlement d’une nouvelle puissance militaire déguisée en mercenaires. Au sortir de cette discussion inter centrafricaine,  nous proposons la mise en place d’un gouvernement restreint de mission où toutes les compétences nationales se retrouvent sans exclusive, d’un premier ministre compétent, indépendant du président de la république et surtout nouveau dans le paysage politique centrafricain. Les revendications des groupes armés non conventionnels outre l’amnistie et l’impunité seront prises en compte et l’offensive diplomatiques sous régionale sera la priorité du nouveau gouvernement pour sécuriser nos frontières. Mais attention, ne le dites à personne m. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi m.

 

Paris le 10 août 2018.                                                       Par : Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste m, Administrateur des élections.

Tel : 0666830062.

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