CENTRAFRIQUE: LA RUPTURE PASSERA PAR LE RÉGIME DE LA BONNE GOUVERNANCE, OBLIGÉ.

De...Alain Nzilo »
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LA RUPTURE PASSERA PAR LE RÉGIME DE LA BONNE GOUVERNANCE, OBLIGÉ.

 

ENZA ROBERT lUSD-COMODE

Bangui, le 9 janvier 2017. 5:33′.
Par: Robert enza.

La gouvernance est d’abord et avant tout une conduite responsable et transparente. La gouvernance c’est l’ensemble de ces mesures, de ces règles, des organes de décision, d’information et de surveillance qu’on met en place afin d’assurer le bon fonctionnement et le contrôle de l’Etat. Cette gouvernance, elle concerne toutes les institutions publiques et les sociétés d’état qui constituent une part importante du patrimoine de l’État.

La gouvernance fournit à l’État une orientation stratégique, qui lui permet de s’assurer que les objectifs sont atteints, que les risques sont mieux gérés comme il faut et que les ressources sont utilisées dans un esprit « responsable ». La gouvernance veille en priorité au respect des intérêts des « ayants droits » que sont les citoyens, les pouvoirs publics, les partenaires, les actionnaires…
La gouvernance vise à faire de sorte que la voix des « ayants droits » soit entendue dans la conduite des affaires publiques. Ici le peuple attend apprécier le cadre de gestion publique mise en place.

La gouvernance est la manière dont le gouvernement doit aujourd’hui exercer son autorité économique, politique et administrative et gérer les ressources du pays en vue de son développement ; le concept de « gouvernance » est également étendu à la gestion des sociétés d’état confiées actuellement à des Gestionnaires à col blanc qui manquent cruellement de fibres de gestion. En effet, toute gestion qu’elle soit publique ou privée exige de la bonne gouvernance.

La bonne gouvernance est diffusée aujourd’hui comme la condition sine qua non des politiques de développement. Elle repose cependant sur la responsabilité (l’obligation de répondre à certaines de ses actes, d’être garant de quelque chose, assurer ses promesses, de se voire supporter une sanction) ; la transparence (se guider par une sincérité, une parfaite accessibilité à l’information, rendre compte d’une activité et reconnaître ses erreurs, établir une relation de confiance qui s’oppose à l’opacité); la participation (principalement le fonctionnement du Conseil d’administration, le directoire ou le Conseil de surveillance) ; la communication ou encore la reddition des comptes.
Le terme de gouvernance fait désormais partie du vocabulaire usuel des institutions internationales et se définirait comme un contrat social entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. La « bonne gouvernance » se trouve à bien des considérations être la contrepartie de l’aide internationale. Elle signifie que le pouvoir en exercice gère les ressources économiques et sociales du pays en faveur de son développement. En tant que telle, cette notion recouvre un ensemble de principes plutôt louables, comme le respect de la primauté du droit, la lutte contre la corruption, la bonne gestion des affaires publiques, le respect des droits de l’homme ou encore la promotion de la démocratie participative.
La « bonne gouvernance » est aussi perçue comme un outil idéologique visant à détruire l’Etat providence, assimile la politique à la gestion et favorise des stratégies économiques. L’idée de « bonne gouvernance » liée au monde des affaires, elle désigne l’exigence de transparence dans la gestion afin d’éviter les scandales financiers. Elle établit une marque de confiance spécifique entre l’État et les citoyens.
La gouvernance constitue donc un enjeu essentiel de l’action publique et ce à tous les échelons. Elle doit apparaître au centre du discours politique, tant dans la définition d’objectifs à atteindre que dans la définition des moyens par lesquels l’exécutif entend mettre en œuvre les objectifs qu’il s’est fixés.
Pouvoir de proximité, les autorités sujettes au contrôle de leur action par les citoyens, doivent être tout spécialement interpelées par la nécessité d’une bonne gouvernance : rendre compte.
Le changement ou la rupture que le Président TOUADERA a appelée de tous ses vœux pendant les campagnes présidentielles, passera par la « bonne gouvernance », un régime absolu que le gouvernement se doit de se l’approprier. Ce sont des mesures et des règles à prendre par des textes de loi et intégrés dans la loi de gestion des finances publiques (LGFP). Après leur passage au Parlement, ces lois s’appliqueront à toutes les instances de l’État et les sociétés d’état.
La RCA n’est pas aujourd’hui en mesure d’assurer les fonctions les plus essentielles de l’État : la délinquance du système éducatif avec la multiplication des écoles privées, la délinquance du système de la santé et le manque de perspective, du travail, de logement, de la libre circulation des hommes et des biens dans le pays sont bien à des preuves près d’un État qui n’existe pas encore. Il faut construire l’État centrafricain et c’est à TOUADERA de prendre le leadership.

Sous-tendent cette incapacité de l’État, l’incompétence et toutes les stratégies d’enrichissement personnel mises en place par les Agents de l’État, tel que: les extorquassions, la corruption, le détournement des biens et finances de l’État, sont autant d’actes qui ont fragilisé plus que jamais l’État, à l’idée telle, chaque poste de travail constitue un point focal de spoliation des contribuables qui viennent solliciter le service de l’État.
Ces stratégies révélées ci-dessus sont graves de conséquences. Elles dénotent combien de fois la fonction publique est dégradée et empêtrée dans des pratiques rétrogrades. Ces pratiques dérivent des hommes et des femmes basculés dans un état d’esprit d’indélicatesse et d’indiscipline parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas interpelés et inquiétés; en absence de tout organe de contrôle, de surveillance et d’évaluation.
Il règne dans la fonction publique, l’omniprésence de la mentalité communautaire ; celle-ci est un véritable obstacle, dans la mesure où elle crée des obligations mutuelles (allégeance, protection, redistribution) sont des situations paralysantes pour la fonction publique centrafricaine. Les ambitions des avantages personnels et les critiques systématiques sont des plus nombreuses, elles fragilisent le travail lui-même et le bon fonctionnement de l’administration. Les ¾ des fonctionnaires de l’État sont en réalité en dessous de la moyenne du niveau de compétence requise pour travailler à la fonction publique, ils sont payés à ne rien faire. Ainsi, le concept de « celui qui n’a pas travaillé n’a pas droit au salaire », les fonctionnaires s’en moquent ; leur salaire est assuré.
A nos propos, vous constateriez comme nous, l’État ne vit que pour payer des salaires aux fonctionnaires sans aucune rentabilité. L’État est donc un foyer social qui développe chez les fonctionnaires une culture de consommation plutôt que celle de la production.
On note aussi une prédominance du mythe de Chef, en apparence d’une organisation stable, or celle-ci cache en réalité des problèmes majeurs qui sont des entraves au commandement, dans la mesure où le pouvoir de décision est fermé et lié à des appartenances d’intérêts de clan et du népotisme qui crée des frustrations. Du côté de la population, le ressentiment envers la fonction publique en générale est vivement exprimé.
Il faut y remédier très rapidement à afin que nous puissions recadrer la morale, le comportement et améliorer l’image dégradée de la fonction publique tout en l’intégrant proche et respectueuse de la population.
Car la population est en droit de reconnaître et de croire à la fonction publique comme force de production nationale irréfragable. C’est la fonction publique qui soutient la politique du gouvernement à travers les départements ministériels, mais force est de constater que cette dernière, sur le plan organisationnel et managérial n’est pas apte à soutenir une politique publique au service du développement. La fonction publique est un mammouth, il faut dégraisser le mammouth.
Recentrer les structures administratives de l’État sur les activités réelles qu’exerce celui-ci. Des activités rentables et reconnues par les contribuables. L’État ne doit plus payer des charges superfétatoires, l’État doit pratiquer une gestion de valeur, se débarrasser des activités qui occasionnent des charges inutiles sans contrepartie. Tellement que nos moyens sont très limités, que notre gestion se doit d’être hautement rigoureuse.
Il faut aussi recréer la confiance et redynamiser la motivation en recherchant un niveau de satisfaction chez les fonctionnaires et plus particulièrement chez le personnel exécutant. À noter que, ce n’est pas le Chef des Sapeurs-Pompiers qui éteint l’incendie, ce sont ses hommes.
Robert ENZA

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