CENTRAFRIQUE : L’AVERTISSEMENT SANS FRAIS DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE

Par Joseph Akouissonne de Kitiki , Journaliste et Contributeur spécial Publié le 29-11-2018 - Modifié le 29-11-2018
Dieudonné Nzpalainga

Le cardinal Dieudonné N’Zapalainga los de sa conférence à Bangui. Photo : Édouard Zouloutoua pour CNC.

 

 

 

CENTRAFRIQUE : L’AVERTISSEMENT SANS FRAIS DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE

 

 

RAFRAICHISSANT !

        

Le 24 novembre, la Conférence Épiscopale centrafricaine, qui s’est tenue à Bimbo, au sud- ouest de Bangui, a délivré un communique de presse énergique, qui invite les autorités à veiller au respect des droits de l’homme et du citoyen et à résister face aux envahisseurs.

         S’adressant aux Centrafricains et, plus particulièrement à leurs dirigeants, le cardinal Dieudonné Nzapalainga a rappelé le respect absolu des droits de l’homme. Ce qui fait que l’Épiscopat centrafricain est entré, de plein pied et à juste titre, dans l’arène des combats pour la démocratie et pour le respect de la personne humaine.

         C’est sans aucune ambiguïté que le cardinal a demandé aux dirigeants d’assumer leurs responsabilités, en lançant un poignant cri de détresse : « n’avons-nous pas élu des dirigeants pour nous protéger ? Allons-nous assister au massacre de nos populations innocentes ? On ne peut pas marcher dans le sang des Centrafricains pour être ministre ! » La colère de l’église de Centrafrique l’honore. Cette colère des Hommes de Dieu, à l’encontre de dirigeants qui ont abandonné leur peuple à des barbares d’un autre temps, est saine et honorable. C’est une colère rafraichissante.

A PROPOS DES FESTIVITÉS DU 1ER DÉCEMBRE 2018

         Est-il raisonnable d’organiser des festivités sur une place mortuaire ? Est-ce humainement et patriotiquement concevable de festoyer sur des ossuaires ? Est-il supportable que des Centrafricains bambochent, alors que leur pays est occupé aux ¾ par des fanatiques religieux qui incendient les églises et tuent les curés ?

          Envisager de laisser fêter l’Indépendance par un pouvoir qui a laissé sa population se faire massacrer est aussi cruel qu’inacceptable. Ce 1er décembre doit être un jour de deuil. C’est un jour hautement symbolique, qui doit exiger des autorités une manifestation sobre, à la mémoire des patriotes tombés sous les balles et les machettes des rebelles. Il faut différer ces festivités, qui ne redeviendront légitimes que le jour où le pays aura retrouvé sa sérénité.

         Rappelons que la Centrafrique est dans un état pré-suicidaire. Ruinée et envahie, elle ne survit que grâce à l’aumône internationale après 60 ans d’indépendance. L’argent qui sera gaspillé pour ces festivités, dans un pays sans le sou, avec une population en danger alimentaire et sanitaire, ne pourrait-il pas être plus utile pour soulager les souffrances, ou équiper les militaires pour libérer le pays ?

         L’opposition démocratique et une bonne partie des Centrafricains désapprouvent à juste titre ces festivités, qui seraient indécentes dans un pays en guerre et meurtri. L’Épiscopat Centrafricain et le Cardinal Dieudonné Nzapalainga ont raison de s’opposer au défilé de la Fête de l’Indépendance.

Certains à Bangui qui se disent partisans du Président Faustin Archange Touadera, ont considéré ces recommandations de citoyens centrafricains à leur Présidents de n’organiser des festivités pour oublier un moment les accablements qui assaillent la République Centrafricaine. Comme une attaque d’opposants politiques. C’est un insupportable mauvais procès fait par des gens qui manquent peut-être d’émotion. La personne du Président Touadera n’est pas en cause.

L’urgence, c’est de désarmer les groupes rebelles, de protéger les populations et de mettre fin au trop long calvaire des Centrafricains.

                                                                                                                                          

 

 

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