Centrafrique: le plaidoyer de l’Ong ‘’Femmes, Hommes Actions plus’’ en faveur des victimes de la LRA

De...Alain Nzilo »
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Madame Ozojiri Tatiana

Madame Ozojiri Tatiana

Le plaidoyer de l’Ong ‘’Femmes, Hommes Actions plus’’ en faveur des victimes de la LRA

Bangui – Corbeau News Centrafrique: 18-01-2015.

L’Armée de résistance du Seigneur (LRA) du chef de guerre ougandais Joseph Kony sévit depuis 2008 dans le Sud-est de la RCA, notamment dans le Haut-Mbomou, Mbomou et une partie de la Haute-Kotto, etc. Cette rébellion étrangère brille dans ses atrocités contre les paisibles habitants de ces localités à travers la captivité et des tueries barbares parfois après mutilation des victimes. Et l’on s’interroge sur la place de ces victimes dans les priorités des autorités actuelles du pays.

Jusque-là, malgré la présence des forces américaines, centrafricaines et ougandaises dans le Sud-est de la RCA, Joseph Kony et ses ordres de donneurs de la mort commettent allègrement des crimes sur la population de ladite localité au point qu’elle ne sait plus à quel saint se vouer. Pire encore, l’avènement de la crise politico-militaire déclenchée le 12 décembre dernier par la Séléka qui s’est nourrie avec l’entrée en scène du mouvement Anti-balaka a détourné complètement tous les regards pour laisser les populations du Sud-est à la merci de ces guerriers sans foi ni loi.

L’Ong ‘’Femmes, Hommes action plus’’ créée en 2010 exclusivement pour voler au secours des victimes de la LRA pleure le sort de ces populations. Mme Tatiana Viviane Ozojiri Bangué est Coordonnatrice de l’Ong ‘’Femme, Homme Actions plus. Dans un entretien accordé à Corbeaunews, elle s’est indignée de l’irresponsabilité des autorités politiques centrafricaines dans cette situation que vivent les populations de Mbomou et du Haut-Mbomou : « Nous avons beaucoup voyagé dans les pays affectés par la LRA, mais ce qu’on a vu chez nous, on n’a jamais vu quelque part, car ailleurs, les gouvernements s’occupent des victimes avec l’appui des Ongs qui interviennent dans l’accompagnement psychosocial. Je confirme que le Sud-est ne figure pas dans les priorités de sécurité, on ne parle que des localités touchées par les Séléka ou les Anti-balaka.» a-t-elle martelé avant d’exprimer une inquiétude pour les soldats qui font défection dans les rangs de LRA, mais qui n’ont pas été récupérés pour servir leur pays : « Si on ne fait pas attention, un jour ce ne sera pas la LRA, mais nos propres frères qui sont victimes de la LRA qui vont se lever contre la communauté. »

Toujours selon la Coordonnatrice, la situation actuelle est grave.  La population du Haut Mbomou vit des activités agricoles et de pêches. Or, depuis 2008 avec l’arrivée de la LRA, toutes ces activités sont freinées. Les habitants des villes et petits villages ne peuvent plus dépasser 3 kilomètres dans la forêt à la recherche de la bonne terre de culture. Aussi, depuis 2008, beaucoup de familles, en particulier des femmes attendent la libération de leurs enfants et parents capturés par la LRA. Aujourd’hui, beaucoup de villages du Sud-est ont disparu simplement parce que leurs habitants ont déserté pour se mettre à l’abri des atrocités des éléments de la LRA. L’impraticabilité des routes, favorise la pénétration des LRA, car elles ne permettent pas de circuler rapidement afin de traquer ces éléments et cela est plus accentué sur la route qui mène vers Bambouti. Tout cela fait que la population de cette localité est totalement coupée de Bangui, elle ne s’approvisionne que du Sud-Soudan.

Cette description corrobore bien la lecture de M. Bénick Ketté Ancien Député de Djema, une des Sous-préfecture du Haut-Mbomou : « Aujourd’hui, la situation de Djema est grave. Il n’y a pas d’école d’où notre sollicitude envers les autorités du pays, ainsi que leurs partenaires y compris les Ongs qui œuvrent pour la promotion du droit de l’enfant de créer les conditions pour l’ouverture des écoles et d’aider les maitres-parents à reprendre les enseignements. De même, la situation sanitaire est catastrophique et s’est empirée avec le retrait des Américains de la ville, car c’étaient eux qui appuyaient la population à travers des soins. C’est la même chose dans tous les secteurs. » a-t-il déclaré. Il ajoute : « les événements que notre pays a connu avec les Séléka et les Anti-balaka, la ville de Djema n’a pas été épargnée, bien qu’ils ne sont pas arrivés dans la ville, mais les effets de leurs actes au niveau de Bangui et dans la plupart des villes de notre pays ont eu de répercussions graves à Djema. Jusqu’à Bangassou, on ne trouvait pas un morceau de savons pour se laver, les bébés sont lavés avec du savon indigène, même le sel, le sucre, on ne trouvait pas. Certains éléments de la Séléka venus de Bangassou, se sont réfugiés près de Djema, précisément à Zémio et avec une délégation venue de Mboki, ils ont commis récemment une gaffe Rafaï où cela a été vraiment déplorable. »

Evidemment, la situation des victimes de la LRA semble se diluée dans la crise politico-sécuritaire créée par la Séléka et relayée par les Anti-balaka. La preuve est en que la défection de Ogwen, 2ème responsable de la LRA n’a dit mot à Bangui, bien au contraire tout se passe comme si ce dossier devrait être classé. Si seulement le plaidoyer de ‘’Femme, Homme Action plus’’ pouvait être un réveil pour l’opinion nationale et internationale, en vue de repenser la situation des populations du Sud-est et d’intervenir vite pour sauver ce qui reste de ces habitants.

Bangui, Fred Krock pour CNC

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