Centrafrique : lynchage des 4 Chinois à Sosso-Nakombo, arrestation des jeunes par la gendarmerie continue.

Par Hervé ZOUNGUÉRÉ , Journaliste et correspondant du CNC à Berberati Publié le 14-10-2018 - Modifié le 14-10-2018

Enseigne de la Mairie de Sosso-Nakombo. Credit photo : CNC.

 

 

Centrafrique : lynchage des 4 Chinois à Sosso-Nakombo, arrestation des jeunes par la gendarmerie continue.

 

 

 

Suite à l’assassinat du Président du mouvement des jeunes de Sosso-Nakombo puis le lynchage des 4 Chinois dans les actes de représailles la semaine dernière, la gendarmerie nationale continue de mener de l’arrestation des suspects dans la région.

 

Après l’arrestation des 13 jeunes la semaine dernière à la place mortuaire du regretté Ignace Dimbelet, Président du mouvement des jeunes de Sosso-Nakombo mort probablement d’un acte criminel, 3 autres jeunes viennent d’être arrêtés par les gendarmes à 18 kilomètres plus loin au  village Bamba  ce jeudi 10 octobre.

Parmi eux, se trouve le jeune-frère du regretté Ignace Dimbelet dont les 4 Chinois auraient été soupçonnés de l’avoir tué.

Cependant dans la ville de Sosso-Nakombo, les langues commencent à se délier et certaines se demandent à quand la gendarmerie va-t-elle procéder à des arrestations dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du jeune Ignace Dimbelet ?

Il est vrai qu’on ne peut, en aucun cas, tolérer à quelqu’un de se faire la justice soi-même, encore moins ôter la vie de quelqu’un. L’arrestation dans le cadre de la mort des 5 personnes à Sosso-Nakombo, si les suspects sont clairement identifiés, leur arrestation devrait se faire dans la règle de la loi, et non arbitrairement. L’enquête devrait être menée soigneusement pour identifier tous les suspects potentiels afin de procéder à leur arrestation suite à un mandat délivré par le Procureur de la République. Or, dans le cas de Sosso-Nakombo, aucun mandat n’a été délivré d’après notre enquête, et tous les suspects arrêtés ont été arbitrairement mis sous le verrou sans savoir réellement qui aurait participé à l’acte criminel.

D’après la population locale, c’est désormais la famille Nakombo qui dicte et doigte qui peut être arrêté ou pas aux gendarmes. Une manière en quelque sorte de faire taire définitivement la contestation populaire des jeunes contre l’exploitation anarchique des ressources minières de leur région par des exploitants étrangers avec la complicité des autorités du pays.

 

En tout cas, l’affaire est à suivre…

 

Berberati, Zouguéré pour CNC.

Share this post
Tags

Les commentaires sont fermés.