Centrafrique : quand Touadera et Sarandji se moquent des massacres dans le pays

Par Gisèle Blanche Moloma , Journaliste d'enquêtes politiques Publié le 29-11-2018 - Modifié le 29-11-2018

 

 

 

Centrafrique : quand Touadera et Sarandji se moquent des massacres dans le pays

 

 

Si certaines familles continuent de pleurer leurs proches disparus dans les massacres à Bria, Bambari et récemment Batangafo et Alindao et que la communauté chrétienne de l’Église catholique a les nerfs en boule contre le gouvernement, le président Touadera et son Secrétaire national exécutif Simplice Mathieu Sarandji qui dirige son pouvoir s’en foutent de tout et demandent à une partie de la population de fêter le 1er décembre dans la fierté comme à l’accoutumée et comme si de rien n’était dans le pays.

C’est dans des SMS envoyés à la longueur de la journée depuis hier par les opérateurs téléphoniques de la place au nom du gouvernent que le président Faustin Archange Touadera et son ami Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ont exprimé cette demande.

« Le 1er décembre, allons tous célébrer, unis et fiers, tout en honorant la mémoire de nos compatriotes tués par les ennemis de la paix. Vive la Centrafrique ».

Alors que sous d’autres cieux, des tueries de masse de ce genre poussent les autorités politiques à faire une descente sur les lieux afin, non seulement, de venir en aide aux survivants, mais aussi de prendre certaines mesures politiques et sécuritaires qui s’imposent. Mais en Centrafrique et sous le régime Touadera, c’est de loin qu’on gère. Aucune descente sur terrain, aucune mesure politique et sécuritaire sinon que des condamnations verbales et des accusations fantaisistes consistant à endosser leur irresponsabilité aux autres.

Plus grave encre, Faustin Archange Touadera et Simplice Mathieu Sarandji entourés de leurs amis de Cours unis demandent aux survivants d’anesthésier leurs chagrins entre boire et manger ce 1er décembre et ça ira mieux pour eux. Ce qui irrite l’Église catholique et certaines formations politiques même alliées au président Touadera.

« On honore les morts qui sont déjà morts et on rend hommage aux personnes tuées, massacrées à travers des dépôts des fleurs et bougies sur le ou les lieux de massacres et non un défilé somptueux suivi d’un repas copieux. Et cela doit se faire à Batangafo et Alindao les lieux par excellence de ces massacres et non la place des défilés, les kermesses, le Palais de la Renaissance où ils finiront par y atterrir pour boire et manger. C’est une insulte ». Martèle un religieux sous couvert de l’anonymat.

Pour un membre de MCU, parti du président Touadera, contacté par CNC, ni le président Touadera ni son gouvernement dirigé par Simplice Mathieu Sarandji ne reculeront pas. Il minimise au passage la portée de l’appel au boycott du cardinal Dieudonné Nzapalainga et lui donne la leçon de morale constitutionnelle, politique et biblique en ces termes :

« Même si le pouvoir appartient à Dieu, les Églises n’ont pas vocation à le prendre et à le gérer. Ces hommes qui se réclament aujourd’hui de Dieu doivent savoir que Jésus a lui-même tracé leurs limites en disant : à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César ». Et de résumer que « Le 1er décembre est à César ».

Rappelant que ni le massacre de Batangafo, ni celui de Alindao, le président Touadera, son Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji ou même un membre de leurs équipes ont mis pied sur les lieux.

Dans l’enclave musulmane de pK                       5 à Bangui, la population civile prise en otage par des groupes armés se bat avec leurs bourreaux jour et nuit pour recouvrer leur liberté sous l’indifférence totale du gouvernement qui ne pense qu’à la fête.

Dans l’arrière-pays, tandis que des milliers des personnes vivent comme des animaux dans les brousses et des milliers d’autres s’agglutinent dans les hôpitaux érigés en hôtel ledger, à Bangui, Faustin Archange Touadera et son ami Simplice Mathieu Sarandji saignent le trésor public à plus d’un milliard et demi de F CFA pour s’acheter à s’habiller, à boire et manger avant d’aller compter les sépulcres.

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